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VERS UNE PÉNURIE MONDIALE D'HUILE D'OLIVE ?

11 mars 2013

Catégories : Economie Juridique

Par Luc Poulain d'Andecy,

Selon l'Agence de huile d'Olive en Espagne, la récolte du premier producteur mondial est en baisse de plus de 60% par rapport à l'an dernier avec environ 700 000 tonnes contre 1,5 million de tonnes en moyenne ces trois dernières campagnes.

Selon le COI cette baisse aura un 'impact significatif sur les niveaux de production au niveau international. Ainsi, les chiffres de 2012/13 pour l'Union européenne et mondiale se situeraient respectivement  à environ 1 520 000 t et 2 500 000 t, soit un déficit mondial de près de 900 000 tonnes par rapport à la production mondiale 2011/2012 (estimations COI 3 408 500 t).

Au regard de l'explosion de la demande en Huile d'olive en Chine par exemple on peut légitimement se demander si on ne va pas connaître une pénurie mondiale d'huile d'olive avec comme conséquences un marché tendu, un risque de spéculation, peut-être de fraudes, une baisse de consommation dans les pays consommateurs traditionnels (l'Union Européenne) et une hausse des prix.

On constate déjà, selon les derniers chiffres de consommation alimentaire publiés par le ministère espagnol de l'agriculture, que la consommation d'huile d'olive par les ménages espagnols a chuté de 14 % durant les quatre derniers mois de 2012, tandis que les prix à la consommation ont augmenté de 10 % en moyenne.

Côté Italie, selon les données ASSITO (l’Association Italienne de l’industrie Oléicole), la commercialisation de l'huile d'olive en grande distribution a connu une baisse à deux chiffres (-13%). L
a faible récolte espagnole serait la cause de cette nervosité sur le marché. La crainte d'une probable hausse des prix mondiaux de l'huile d'olive conduit les entreprises à réduire leurs volumes de transactions et à avoir une attitude attentiste. Ce ne serait donc pas la crise économique qui conduit à une baisse des ventes mais les prévisions de production mondiale d’huile d’olive en forte baisse.

Enfin, selon le COI, on constate sur les deux premiers mois de la campagne 2012/13 (octobre-novembre 2012), que les échanges intra-communautaires d'huile d'olive et de grignons d'olive sont en chute de 7% (sur la même période de l'année précédente) en ce qui concerne les importations, tandis que les exportations au cours de la même période ont diminué de 15 %. L'écart entre les importations et exportations à l'intérieur de l'Union Européenne passant de 10 455 t à 24 033 t pour ces deux premiers mois. Un phénomène inquiétant à surveiller.

Par contre, les importations extra-UE ont enregistré une hausse de 119 %, atteignant 24 368 t avec principalement deux pays où les récoltes ont été bonnes – Maroc (5 014 t) et Tunisie (807 17 t). 

Une autre confirmation de pénurie de l'offre et de l'attentisme du marché de l'huile d'olive vient de la revue professionnelle espagnole "Olimerca" qui constate, pour la première semaine du mois de mars 2013, la même tendance qu'en février, à savoir des transactions particulièrement réduites à l'image du grand industriel Packers qui garde en stock environ 150 000 tonnes au 31 janvier et ne se rue pas outre mesure pour  acheter dans le marché intérieur. Compte tenu de ces circonstances le prix moyen d'achat des huiles destinées aux huileries se situe dans une fourchette de 2,58 à 2,61 euros/kg. Pour la catégorie extra vierge, la fourchette de prix est très large en fonction des caractéristiques organoleptiques (de 2,94 euros/kg jusqu'à au-dessus des 3,05 euros.).

De son côté, le COI constate en matière d'huile d'olive vierge extra que le prix payé aux producteurs en Espagne a commencé à monter brusquement fin juin 2012 pour atteindre fin décembre +72 % et retrouver ainsi le niveau d'octobre 2006. En Italie, les prix ont augmenté 35%. Entre la dernière semaine de décembre 2012 et la dernière semaine de février 2013 prix en Grèce ont augmenté de 2,04 €/ kg à 2,46 €/ kg, (+34 %).

En conclusion la baisse de la production, le ralentissement des transactions et la hausse des prix sont confirmés et quand on voit que les importations des pays comme la Chine, le Japon, le Brésil ou l'Inde de poursuit, tout laisse à penser que l'on se dirige vers un marché très tendu avec le spectre d'une pénurie mondiale d'huile d'olive.
A suivre. 


 

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