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TABLE RONDE : « Huiles d’olive de vignerons »

28 févr. 2014

Catégories : Economie Juridique

Par Luc Poulain d'Andecy,

A l’occasion du Salon VINISUD de Montpellier, ’association « Wine Mosaic » qui milite pour la Vinodiversité et la sauvegarde des cépages originaux de la méditerranée, organisait le 24 février dernier, une table ronde sur le thème «Huiles d’Olive de vignerons» : Ecosystèmes vigne-olivier et complémentarité.

Outre deux productrices de Toscane et de Catalogne, participaient au débat un importateur d'huile du Liban, un caviste de Perpignan ainsi qu’Olivier Naslès, Président de l’Afidol mais aussi oléiculteur et producteur de vin AOC Coteaux d’Aix en Provence en France.

Pour vous dire la vérité, nous n’avons pas appris grand chose lors de cette table ronde qui, comme souvent dans ce type rencontre organisée en marge d'un salon commercial, s’est résumé en une présentation successive de l’expérience de chaque participant.

Cela ne remet absolument pas en cause la motivation et la pertinence de l’initiative de Wine Mosaic car il s’agit d’un vrai sujet, tout particulièrement en France où l’oléiculture reste très modeste et le plus souvent complémentaire de la vigne.

Voici donc les principales idées fortes qui peuvent être retenues de cette table ronde qui a duré environ une heure.

Pour le caviste, si l’huile d’olive peut répondre à une demande de sa clientèle, il reste très difficile de la faire déguster. Comme il le fait pour les vins dans son magasin, il suggère une présentation non pas par pays ou région (fusse-t-elle d’appellation), mais par occasion ou mode de consommation en privilégiant les accords avec les mets.

Pour l’importateur libanais, la principale difficulté est le risque juridique qu’il prend à commercialiser une huile dont la qualité vierge extra se dégrade avec le temps et n’est pas garantie après des mois de transport ou de stockage compte tenu du faible taux de rotation en magasins. Il ne croyait pas si bien illustrer son propos en nous proposant lors de la dégustation de fin de table ronde, une huile libanaise présentant un début de goût chaumé…

Pour les deux viticultrices italienne et espagnole, la commercialisation d'une huile issue d’oliviers présents sur leurs domaines est un excellent complément, non pas financier, mais de communication en particulier sur les marchés à exportation. Cela permet d’afficher son identité méditerranéenne, son attachement au terroir et à la qualité de sa production. Un patrimoine agronomique et culturel semble-il très facile à commercialiser pourvu que le packaging soit luxueux !

Celui qui aura délivré le message probablement le plus intéressant et le plus innattendu par les auditeurs, est Oliviers Naslès, Président de l’interprofession oléicole française, qui affirme que celui qui voudrait se lancer dans la monoculture d’oliviers en France et créer une activité économique rentable  « ferait une connerie ». « Seule, en France, une oléiculture de complément est envisageable pour deux raisons très simples : le coût de revient et le faible rendement ». Et de déclarer : «La France c’est le pôle Nord de l’olivier, avec un gel dramatique tous les 50 ans ! Le dernier date de 1956, on peut donc s’attendre à ce qu’il se passe quelque chose dans les années à venir à moins que le réchauffement climatique…». Et de poursuivre «l’olivier est une arbre immortel, on en connaît qui sont plusieurs fois millénaires. Il a la particularité, quand il souffre -plus du froid que du chaud-, de se préserver et d’arrêter de produire. Il lui faudra ensuite plusieurs années pour redémarrer. » « Même les gros gels comme celui de 56 n’ont pas tué les arbres, c’est l’arrivée du bulldozer Caterpillar américain de la seconde guerre mondiale qui a permis ce que l’on ne pouvait pas faire auparavant : arracher les souches des arbres gelés. Nous avons ainsi perdu des milliers et des milliers d’arbres qui auraient repoussé et nous seraient bien utiles aujourd’hui».

Pour conclure, nous retiendrons que l’ensemble des participants sont d’accord pour dire que :

- l’huile d’olive et le seul corps gras végétal qui ait véritablement du goût avec une saveur liée au terroir et au climat

- l’huile d’olive ne se boit pas, elle se déguste et se consomme avec la gastronomie.

- l’huile d’olive est une richesse environnementale et  paysagère, un patrimoine culturel et historique qu’il faut donc préserver.

- En ce qui concerne la complémentarité des deux cultures (vigne et olivier) celle-ci est évidente tant les travaux à effectuer sur l’olivier sont peu nombreux et la plupart du temps en dehors des périodes de travail de la vigne. Cela pose d’ailleurs un problème au vigneron pour qui ce travail, certes complémentaire mais néanmoins supplémentaire, réduit d’autant son temps de repos, de vacances et de loisirs.

 Luc Poulain d'Andecy

 

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