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FRANCE : Une récolte calamiteuse !

22 oct. 2014

Catégories : Technique Production

Par Luc Poulain d'Andecy,

Avec une récolte qui pourrait atteindre difficilement les 2500 tonnes cette année, certains annonçant 1000 tonnes, l'oléiculture française connaît une situation catastrophique encore jamais vue. La filière toute entière pourra-t-elle s'en remettre ?

Difficile de faire un point précis de la situation par zone de production, il faudra attendre encore une dizaine de jours que la récolte soit avancée partout, mais une chose est sûre : la récolte 2014-2015 sera catastrophique et dramatique !


La cause essentielle : une attaque massive et d'ampleur inégalée de la mouche de l'olive (Bactrocera oleae). 

Ce ravageur qui a bénéficié cette année de conditions climatiques très favorables, est responsable de dégâts considérables dans tout le bassin méditerranéen. Les femelles une fois fécondées se mettent à la recherche d'olives. Elles incisent la peau du fruit, aspirent le jus de l'olive et, en se retournant, introduisent l'œuf sous la peau. Après une incubation de l'oeuf de 2 à 4 jours, la larve se développe pendant quinze jours dans la baie où elle creuse des galeries.

Deux conséquences majeures :

- l'une quantitative en empêchant le développement normal du fruit et provocant une faiblesse du pédoncule ce qui provoque une chute prématurée des olives ;

- l'autre qualitative en provoquant une augmentation de l'acidité, de l’indice de péroxyde et du K 232. Autant de marqueurs essentiels pour obtenir des huiles Vierge Extra ou Vierges.
Renseignements pris sur le terrain, nous constatons de toute part, des dégâts avec des olives qui noircissent, s’oxydent, et chutent…  Seul remède préconisé, une récolte précoce pour sauver ce qui reste à sauver !

Même s'il est encore trop tôt, des leçons devront être tirées de cette situation en particulier à propos des modes de protection contre ce fléau que constitue la mouche de l'olive.

Nous avons probablement atteint cette année les limites de la règlementation limitant la lutte chimique (pesticides) conventionnelle pour des raisons écologiques et de santé publique certes louables. Certains n'ayant pas hésité à transgresser ces limites légales pour sauver leurs récoltes...

Du côté de la lutte biologique dont le principe est de créer une barrière physique sur les olives (pulvérisation de gouttelettes d'argile) afin d’éviter que la mouche ne se pose pour y pondre, nous avons ici aussi atteint la limite de sa mise en oeuvre massive en particulier chez les producteurs-amateurs. Certains professionnels ayant pratiqué jusqu'à 9 pulvérisations, aller au delà ne serait économiquement plus viable. 
 
On peut également se poser la question de l'avenir de l'oléiculture dans les pays au nord de la Méditerranée (France, Nord Italie, Slovénie, Croatie...) où l'attaque de mouches à été dévastatrice. Le réchauffement climatique de la planète, avant de permettre peut-être de cultuver l'oliver sans risque au delà de 400 mètres d'altitude (à laquelle la mouche de parvient pas), ne provoque-t-il pas dans nos zones actuelles de production des conditions climatiques plus faforables à l'attaque de mouche ?

Nous reviendrons dans une de nos prochaines éditions sur la situation département par département,  zone de production par zone de production ainsi que les conséquences de cette récolte catastrophique sur les moulins et l'ensemble de la filière française. 

2014/2015 : estimations entre 1000 et 2500 tonnes !
Rappel des productions ces dernières années 
2013/2014 : 3 600 t (estimation)
2012/2013 : 4 800 t
2011/2012 : 3 200 t
2010/2011 : 6 100 t
2009/2010 : 5 700 t
2008/2009 : 7 000 t

Luc Poulain d'Andecy

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