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Alerte aux oléiculteurs ! 


15 mars 2018

Catégories : Technique Production

Par Catherine Breton et André Bervillé,

Les tests de paternité pour rechercher les polliniseurs ne sont pas vérifiés chez l’olivier.


Sous le couvert d’une technologie de pointe, dont on parle énormément dans les feuilletons policiers, on fait apparaître irréfutables des conclusions chez l’olivier qui sont loin de l’être. En effet la technologie requiert des analyses sur tous les pères possibles d’un embryon d’olivier pour pouvoir déclarer celui le plus probable. Or, tous les pères possibles ne sont ni recensés ni analysés, et les résultats sont divulgués aux oléiculteurs. Avant que la compatibilité du père et de la mère ne soit vérifiée par le croisement contrôlé.
 
    Quand vous déclarez un enfant on ne vous demande pas un test de paternité pour prouver qu’il est de vous. Vous savez que ce qu’il faut a été fait pour qu’il en soit ainsi.

       Quand un enfant est reconnu par un homme, il n’est pas demandé de test de paternité.

       Quand le père n’est pas déclaré à la naissance d’un enfant, par la suite il peut se passer 2 types de contestation si un homme revendique la paternité, le test de paternité dira :

* avec certitude que l’homme n’est pas le père (ça ne va pas plus loin)
** que l’homme est un père possible

= si la mère dit ‘oui’, c’est lui le père, alors, c’est accepté par l’état civil
= si la mère dit, ‘non’ c’est pas lui, alors c’est au père à apporter la preuve qu’il a vécu avec la mère à la bonne période.

       Il n’y a aucun autre recours juridique possible, inutile d’aller à un procès, ce serait parole du père contre parole de la mère.
 
       Quand chez l’olivier, pour un embryon ramassé sur Lucques le test de paternité dit c’est Cayon le père, c’est le plus probable, on ne vous dit pas s’il y a d’autres pères possibles. Les marqueurs disent Cayon a 99 % de chances d’être le père le plus probable, sous-entendu de tous les pères possibles qui ont été analysés. Or on ne connaît pas ce nombre qui n’est pas donné par le pourvoyeur des tests.
       Comme la mère, chez l’olivier, ne dit pas d’où est venu le pollen qui a fécondé une de ses fleurs, alors, faut-il accepter Cayon comme père ?
       La Société qui fait les tests vous donne une probabilité pour que Cayon soit le père, c’est-à-dire un coefficient de confiance.
       Or, cette probabilité, pour être précise, nécessiterait d’avoir fait le profil moléculaire de tous les arbres possibles qui environnent celui qui a donné le fruit, puis l’embryon.

       Ce travail d’analyse n’est pas fait dans le cas des résultats des tests réalisés que nous avons examinés. En fait, il n’est jamais fait, il coûterait bien trop cher. De plus, il faudrait le faire dans tous les lieux où ont été prélevés les embryons.
 
Donc vous ne connaissez pas le coefficient de confiance pour que Cayon soit le père.
 
       Il faut alors bien vérifier par un croisement contrôlé que Cayon (ou n’importe quel autre père) et Lucques sont compatibles. De plus, si Cayon est le père, il faudrait vérifier par le croisement de Lucques x Cayon que le croisement est bien compatible, et ce comme l’a fait Nathalie Moutier par des croisements contrôlés sous sacs en papier.
       On ne peut se contenter d’un tel résultat pour installer des polliniseurs dans un verger pour des dizaines d’années.
 
       Plus il y aura d’analyses d’embryons par des tests de paternité, pour une variété donnée, moins les probabilités des tests seront fortes (puisque le nombre d’arbres et donc d’analyses augmentent) – de plus les résultats ne sont pas montrés – on ne voit que des conclusions sans les résultats expérimentaux, donc aucune discussion sur les autres pères possibles.
 
C’est pourquoi le coefficient de confiance des conclusions ne peut être donné :
       *ni par la société qui a fait les tests,
       **ni par celui pour qui ils ont été faits.
 
Il n’y a aucun moyen de valider les conclusions qui, à ce jour, n’ont fait l’objet d’aucune publication scientifique.
 
Donc toutes les applications qui en seront faites ne permettront pas d’obtenir la fructification optimale recherchée et espérée.
 
Nous préconisons donc d’utiliser les tests de paternité sur des embryons obtenus de fruits en croisements contrôlés avec le père identifié. Alors dans ces conditions, les tests seront rigoureux et les pères identifiés avec une très forte probabilité (99 %). Ces croisements contrôlés sont indispensables pour valider les conclusions quelles qu’elles soient.
 
Catherine Breton et André Bervillé

Catherine Breton: Institut des Sciences de l'Évolution de Montpellier (ISE-M), UMR CNRS 5554 Place E. Bataillon, cc63, Bât 24, 1er étage, F-34095 Montpellier Cedex 5, France, catherine.breton02@univ-montp2.fr
André Bervillé: Ex INRA, UMR-DIAPC 1097, Supagro Bat 22, F-34060 Montpellier Cedex1, France  andre.jp.berville@orange.fr

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